Sport, femmes et périnée !

Comme chaque année, les bonnes résolutions de la rentrée scolaire entraînent l’inscription de nombreuses femmes aux activités en vogue telles zumba ou fitness. En l’absence de contre-indications médicales, les femmes peuvent faire de l’exercice et en tirer bénéfice. Le sport au féminin est aujourd’hui recommandé par l’HAS. Cependant, cet organisme identifie la pratique intensive d’exercices physiques comme un facteur de risque d’incontinence urinaire mais également de troubles de la statique pelvienne. Il s’agit essentiellement de pathologies survenant du fait du phénomène d’hyperpression intra abdominale, inhérent à certains exercices et dépassant les capacités sphinctériennes et les forces périnéales à supporter ces contraintes. Certains sports étant plus délétères que d’autres et les sportives de haut niveau étant les plus exposées.

Les motivations pour le sport sont variées : l’envie d’être bien dans sa peau, le détente, le plaisir de la dépense physique et la santé du corps. Alors comment bien choisir son activité ? Une femme peux avoir chaussé ses baskets pour aller courir après sa grossesse ou s’être inscrite dans une salle de sport pour perdre quelques kilos de trop et le drame survient : « j’ai perdu des gouttes de pipi, qu’est ce que je peux faire ? Est ce que cela est grave?

Tout d’abord, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin ou son kinésithérapeute. Le sujet est encore très tabou dans la population en géréral et plus particulièrement  chez les sportives de haut niveau.  Ensuite, un bilan global pelvi-périnéale et postural sera préconisé par un praticien formé. Les éléments du bilan recherchés sont des muscles du plancher pelvien (« périnée ») compétents, ni trop mous, ni trop toniques et se mobilisant en synergie et en harmonie avec les muscles abdominaux et le diaphragme. Enfin, cette compétence globale musculaire et respiratoire pourra être travaillée au cours de séances de rééducation avec un kinésithérapeute spécialisé et transposée à l’activité sportive de la patiente. Une séance d’exercice en cabinet devra être complété par des exercices d’autorééducation à domicile pour des résultats plus probants.

L’adaptation voir la modification de l’activité physique en intensité, en fréquence ou le type même de l’activité est à envisager. Certains sports avec impacts au sol seront plus à risque d’incontinence urinaire. En tête de liste se trouvent le trampoline, la gymnastique, l’aerobic ou la danse intense puis talonnent juste derrière de nombreux sports collectifs, de combat et la course à pied, enfin, de façon plus modérée, le tennis et le ski. Les sports à faibles risques sont la natation, la marche, le vélo, le roller et le golf.

Enfin, à chaque période de la vie d’une femme, le périnée au sport pourra être sollicité voir maltraité. Une sportive de haut niveau en trampoline nullipare a 80% de risque d’avoir une fuite à l’effort et une jeune nageuse à un haut niveau a 4,5% de risque d’avoir une incontinence urinaire. 20 ans après, les chiffres entre les 2 groupes d’athlètes s’égalisent. En effet, ils y a d’autres facteurs de risques d’incontinence urinaire à long terme : le nombres des naissances, le surpoids, les traumatismes pelvi périnéaux, l’imprégnation hormonale…

Le sport au féminin et le périnée au sport sont des sujets dont il ne faut pas parler tout bas. Alors avant d’effleurer l’idée de l’arrêt de l’activité, parlez en autour de vous !

 

Claire Chevillard

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